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Haïti-Économie: une première bougie pour l’Association Haïtienne des Journalistes Économiques pour le Développement Durable (AHJEDD) et l’Observatoire de la Société Civile sur les Finances Publiques Haïtiennes (OSCFPH)

L’Association Haïtienne des Journalistes Économiques pour le Développement Durable (AHJEDD) et l’Observatoire de la Société Civile sur les Finances Publiques Haïtiennes (OSCFPH) ont célébré leur premier anniversaire le 18 Janvier 2018. A cette occasion, ils ont organisé une conférence-débat autour du Thème : « Bonne gouvernance économique et financière, corruption et développement durable » le 17 Janvier 2018 à l’hôtel Villa Thérèse (Pétion-Ville) avec un panel constitué des économistes – Pierre Marie Boisson – Etzer Emile et du professeur Fréderick Gérald Chéry.

Etzer Emile a débuté la conférence en déclarant qu’en Haïti, il existe un complot pour que l’opacité règne dans la gestion de la chose publique en vue de souligner l’importance de la transparence dans la bonne gouvernance. Il a, par ailleurs, affirmé que l’économie a toujours été le plus grand absent dans les débats qui se font au plus niveau de l’Etat. Selon l’économiste, la planification n’a jamais été un réflexe chez les autorités dans l’administration du pays. D’où l’origine de la crise économique à laquelle le pays est actuellement confrontée. « Elle s’exprime dans l’orientation inappropriée des ministères de l’économie et des finances, de la planification et de la coopération externe, des missions diplomatiques haïtiennes et du budget national. Ces instruments ne s’inscrivent pas dans une dynamique de développement économique », a dénoncé l’auteur de l’ouvrage intitulé « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre : Les vingt raisons qui le prouvent ». Intervenant sur la thématique « Gouvernance économique et financière et Développement durable », il croit que la science doit-être au centre des décisions étatiques afin que la gouvernance éclairée s’installe au sein de l’administration publique.

Le professeur d’université, Frederick Gerald Chery intervenait sur la thématique « L’administration publique et la bonne gouvernance ». La nécessité que l’université soit impliquée dans les décisions étatiques a été la toile de fond de sa prise de parole. La recherche scientifique doit guider la vie publique et le développement économique en Haïti, recommande le professeur qui dénonce le fait que le pays est gouverné en dehors des normes établies. « Haïti ne pourra pas être riche si on n’agit pas selon une vision établie et des normes qui guident l’administration publique », a-t-il estimé. Il a avancé que la bonne gouvernance économique ne régnera pas dans un pays qui agit en fonction de savoirs importés en insistant sur la nécessité de produire des connaissances locales qui doivent, selon lui, orienter les décisions des autorités haïtiennes.

Pierre Marie Boisson, de son côté, croit que la mauvaise gestion du temps et le gaspillage font plus de tort à Haïti que la corruption. « Beaucoup de pays riches et de pays en développement sont plus corrompus qu’Haïti », a déclaré l’économiste qui impute la pauvreté du pays à l’incapacité de nos autorités à investir les maigres ressources de l’Etat dans des projets durables. Il plaide, par ailleurs, en faveur de la réorientation de l’aide internationale en Haïti en déplorant l’approche humanitaire développée par les bailleurs de fonds internationaux dans leurs rapports avec l’Etat haïtien. Souhaitant qu’ils se réfèrent, de préférence, aux investisseurs haïtiens, l’économiste conseille aux institutions internationales de ne pas donner de l’argent aux gouvernements haïtiens qui ne présentent pas de vrais plans d’affaires.

L’intervention des trois panélistes a donné lieu à un échange de plus d’une heure avec l’assistance, constituée, entre autres, de représentants d’organisations de la société civile haïtienne, de la banque centrale haïtienne, d’institutions financières nationales et internationales.

La conférence-débat était l’occasion pour le Coordonnateur de l’Observatoire de la Société Civile sur les Finances Publiques Haïtiennes (OSCFPH), Francisco Jovin d’inviter beaucoup plus de citoyens haïtiens à s’impliquer dans la lutte contre la mauvaise gouvernance. « Si vous ne vous impliquez pas, on aura de bonnes réunions sans résultats. Impliquez-vous davantage pour une meilleure gestion des maigres ressources du pays », a-t-il recommandé.

Le Coordonnateur de l’Association Haïtienne des Journalistes Économiques pour le Développement Durable (AHJEDD), a, pour sa part, applaudi la Banque de la République d’Haïti et le Group Croissance pour le rôle qu’ils ont joué dans la création de ce réseau de travailleurs de presse. Par ailleurs, Hansy Mars a souligné qu’avec AHJEDD, les dossiers économiques sont désormais plus présents dans les médias de la capitale. « Cet anniversaire ne doit pas nous plonger dans la complaisance et la stagnation, mais dans l’effort pour donner des résultats », a-t-il soutenu pour encourager ses collègues de l’association à aller de l’avant. Le Coordonnateur de l’AHJEDD souhaite que cette célébration soit, pour chacun de ses membres, le début d’un virage vers l’excellence et la qualité dans le traitement des dossiers économiques.

Rappelons que l’Association Haïtienne des Journalistes Économiques pour le Développement Durable (AHJEDD) et l’Observatoire de la Société Civile sur les Finances Publiques Haïtiennes (OSCFPH) ont été créés le 18 Janvier 2018 à Pétion-Ville à l’initiative du Group Croissance dont le PDG participait à la conférence-débat. La presse du budget, de l’économie et du développement durable, telle est la devise de l’AHJEDD, composée de dix-sept journalistes de différents médias de Port-au-Prince dont quatre femmes.

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