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Haïti-PetroCaribe : La Conférence des Pasteurs soutient la lutte anti-corruption

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L’Église, doit, en plus d’enseigner l’évangile qui donne le salut des âmes, accompagner socialement le peuple de Dieu dans sa quête de justice sociale et de la jouissance pleine et entière de ses droits fondamentaux, c’est ce qui ressort d’une note de presse de la COPAH acheminée à la rédaction de l’agence Juno7.

La teneur de la note de la COPAH

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La Conférence des Pasteurs Haïtiens (COPAH) salue la mobilisation citoyenne et patriotique enclenchée depuis quelques temps pour réclamer des comptes sur la gestion des fonds du programme Petrocaribe. La COPAH se déclare solidaire de cette mobilisation pacifique qui continue de prendre de l’ampleur tant en Haïti qu’à travers les communautés haïtiennes de l’étranger et encourage les chrétiens à y prendre part activement. Comme citoyens, nous subissons au même titre que les autres, les conséquences de la corruption qui gangrène le pays. Nous ne pouvons pas nous contenter de prier, jeûner et espérer que la situation va changer. C’est bien de prier constamment, mais il est aussi bien de s’engager et de s’impliquer, en tant que citoyens du pays, pour faire bouger les choses.

L’Eglise, doit, en plus d’enseigner l’évangile qui donne le salut des âmes, accompagner socialement le peuple de Dieu dans sa quête de justice sociale et de la jouissance pleine et entière de ses droits fondamentaux. L’Eglise ne doit être, en aucun cas, un instrument d’aliénation aux mains des politiques et de quelques leaders religieux pour assouvir leurs soifs et ambitions démesurées de pouvoir et de richesses faciles. Elle ne doit pas se faire complice des bourreaux et des exploiteurs du peuple. Ce serait tout à fait inapproprié pour l’Eglise de pactiser avec les prédateurs des droits sociaux économiques et naturels du peuple. L’Eglise, au contraire, doit être aux côtés des plus faibles et des victimes comme Christ l’enseigne.

L’Eglise n’évolue pas en dehors de la société. Elle fait partie intégrante du corps social. C’est pourquoi, l’Eglise est appelée à être non pas un observateur passif et complice de ceux qui causent le malheur du peuple, mais un guide et un éclaireur pour les laissés pour compte. Cela est un engagement citoyen et un devoir patriotique qui dépasse les clivages. Sachant que la corruption n’a ni classe, ni idéologie, ni couleur, ni religion ni philosophie et qu’elle est un vice humain, la COPAH croit que chaque citoyen est concerné par la lutte contre ce fléau qui constitue la malédiction d’Haïti et doit s’engager résolument à le combattre sous toutes ses formes. D’où la nécessité pour chaque chrétien, autrement dit chaque citoyen de s’impliquer à fond dans la campagne pour exiger des explications sur l’utilisation des fonds du programme Petrocaribe.

La COPAH se réjouit également de toutes les initiatives entreprises jusqu’ici par de nombreux secteurs de la société dans le cadre de cette vaste supercherie d’Etat. Nous souhaitons que toutes ces initiatives louables permettent de faire la lumière sur cette affaire et d’aboutir à un procès juste et équitable. Les peuples et les sociétés qui progressent et se développent durablement, ce sont ceux qui font de la justice et du respect des lois leur boussole. « La justice élève une nation, Mais le péché est la honte des peuples » (Proverbes 14 :34).

Déjà, de nombreux citoyens se sont constitués partie civile dans cette affaire et ont déposé plainte formellement au cabinet d’instruction. Un juge chargé d’instruire le dossier a été désigné. Nous nous en félicitons. Il est vrai que la justice haïtienne est particulièrement décriée et son bilan peu réjouissant, la COPAH estime, cependant, que cette démarche constitue un bon pas dans la bonne direction.

Compte tenu du déficit de crédibilité de plus en plus criant qu’accuse l’appareil judiciaire haïtien, la COPAH croit que les tenants du système devraient profiter de cette opportunité pour faire taire les critiques souvent acerbes dont il est l’objet et se refaire une santé. Toutefois, la COPAH ne peut s’empêcher de déplorer les manœuvres orchestrées par certains secteurs importants du pays visant à faire obstacle à l’avancement de ce dossier au niveau judiciaire. Nous déplorons aussi que ces mêmes secteurs, sous prétexte de vouloir dépolitiser le dossier, en profitent pour en faire un dossier éminemment politique.

La corruption ne se résume pas seulement à l’affaire Petrocaribe certes, mais elle doit servir de point de départ de la fin de l’impunité en Haïti. Cependant, l’affaire Petrocaribe ne doit pas servir de prétexte à aucun secteur pour détruire un autre. Le respect scrupuleux de la loi et de la justice est le fondement de tout Etat de droit et démocratique. On ne peut pas construire la démocratie sans la justice et, si, parallèlement on fait du combat contre la corruption un jeu de dupe. Ce combat doit passer nécessairement par la poursuite en justice de toute personne impliquée directement ou indirectement dans des actes de détournement de fonds publics. Toutes les personnes indexées dans l’affaire Petrocaribe, jouissent encore de la présomption d’innocence et leurs droits doivent être préservés et protégés. Nous devons éviter toute instrumentalisation de ce dossier important pour ne pas donner prétexte à ceux qui voudraient qu’aucune suite ne lui soit donné. Seule la justice peut blanchir ou condamner.

La lutte contre la corruption ne doit pas être un slogan de propagande gouvernemental dont l’objectif serait de calmer les esprits. Compte tenu du poids énorme de la corruption dans le sous-développement chronique d’Haïti, la lutte contre la corruption doit être totale, sans exclusive et permanente. Et dans ce combat, il n’y a ni pouvoir ni opposition. C’est l’affaire de chaque Haïtien, car chacun de nous devra inévitablement rembourser l’argent du programme Petrocaribe. S’il était prouvé que les fonds provenant du programme Petrocaribe étaient effectivement dilapidés, ce serait la plus grande opération d’escroquerie jamais enregistrée dans l’histoire d’Haïti. Et un tel crime ne peut pas et ne doit pas rester impuni.

Au regard de la Bible, il est tout aussi abominable de voler que de tuer. Toute tentative d’entraver l’aboutissement du dossier Petrocaribe à un procès, risque d’avoir des conséquences politiques graves et d’entraîner le pays dans l’instabilité politique et sociale, voire le chaos. Les émeutes violentes du week-end 6,7 et 8 juillet dernier en sont la preuve la plus éloquente. C’est pourquoi, il est fondamental que les institutions chargées d’élucider cette affaire mettent tout en œuvre pour fournir un travail permettant d’établir la vérité sur la gestion des fonds Petrocaribe.

Que Dieu veille sur Haïti et la préserve de tout malheur !

Rév. Normil Dorvila
Pasteur
Secrétaire exécutif Adjoint

Rév. Ernst Pierre VINCENT
Pasteur/Théologien, Master en Leadership
Organisationnel & Doctorant en Analyse
Et Résolution de Conflit
Président

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