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Éditorial

Jovenel Moise met en péril le processus de dialogue

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Le président Jovenel Moise n’a pas aidé à créer un climat propice au processus de dialogue en décidant de désavouer en public son Premier ministre Jean Henry Céant, à qui, il a confié la mission de réunir tous les secteurs de la vie nationale en vue de lancer le dialogue inter Haïtien.

En deux mois, le chef du gouvernement a tant bien que mal rencontré des personnalités, des acteurs de la société civile, des leaders politiques concernés par la crise même ceux qui ne jurent que par la démission du chef de l’Etat et aussi des partenaires internationaux qui ont toujours exprimé le vœu de voir toutes les forces vives de la nation se réunir autour d’une table pour dialoguer. En un tour de main, le président Jovenel Moise a mis à mal les efforts du Premier ministre Jean Henry Céant sans tenir compte des difficultés à mettre ensemble tous les acteurs, caractérisés par la méfiance, le refus de vivre ensemble.

D’aucuns pensent que cette situation était prévisible avec la sortie fracassante le 7 décembre dernier l’un des conseillers spéciaux du chef de l’Etat, le maire démissionnaire des Cayes, Jean Gabriel Fortuné pour annoncer dans les medias que le Président lui a donné mandat pour conduire les négociations avec tous les secteurs. Certains diraient dans ce cas « jamais deux sans trois ». Le comité de pilotage et du secrétariat technique d’organisation des états généraux sectoriels de la nation, le Premier ministre Jean Henry Céant et Jean Gabriel Fortuné, avec une même mission, celle de négocier avec tous les secteurs.

En mars 2018, le président Jovenel Moise a créé le Comité de pilotage et du secrétariat technique d’organisation des États Généraux Sectoriels de la Nation. Quelques jours plus tard, plusieurs membres de ce comité ont démissionné, d’autres ont tout simplement désisté. Pas étonnant, puisque certains secteurs avaient qualifié de bébé mort né cette structure. Le pays n’a pas su quel secteur, les membres restants du comité ont rencontré, ils n’ont pas pu aplanir le terrain pour un véritable dialogue prôné par le chef de l’Etat. On en veut pour preuve les événements violents des 6,7 et 8 juillet qui ont conduit à la démission du Premier ministre Jack Guy Lafontant, seulement quatre mois après la mise sur pied de ce comité.

Est-ce que le blâme en public du président Jovenel Moise à son Premier ministre à l’ouverture du forum sur le pacte de gouvernabilité le 22 janvier dernier va faciliter le lancement officiel du dialogue national ? Est-ce que le Premier ministre Jean Henry Céant pourra convaincre les absents à la cérémonie du 22 janvier de se présenter devant le chef de l’Etat le 7 février prochain comme il le souhaite?

Si le chef du gouvernement arrive à réaliser cet exploit, celui d’emmener l’aile dure de l’opposition comme un troupeau à la table du dialogue national, ce qui parait très difficile, est-ce que les personnalités présentes au forum sur le pacte de gouvernabilité vont accepter d’intégrer le processus ? En analysant les propos du Président de la République, elles n’étaient pas celles qu’il s’attendait à voir au Centre de Convention et de Documentation de la BRH.

Le Premier ministre Jean Henry Céant a moins de deux semaines pour convaincre tous les secteurs y compris l’opposition radicale qui depuis quelques jours multiplient des rencontres à travers le pays pour « relancer la mobilisation contre l’administration de Jovenel Moise, réaliser le procès PetroCaribe, créer les conditions favorables à la satisfaction des revendications populaires, aboutir à la conférence nationale et souveraine en vue de jeter les bases de la naissance d’un nouveau projet de société ».

La polémique stérile entre les proches du Premier ministre Jean Henry céant et ceux du Président Jovenel Moise augure un échec du lancement du dialogue national prévu le 7 février 2019 qui marquera les 33 ans depuis que nous nous sommes engagés dans un processus démocratique.

Dans ce contexte de crise multidimensionnelle dans lequel nos dirigeants devraient se pencher sur les reformes constitutionnelle judiciaire, économique, sociale (éducation, santé…), agraire, énergétique, les infrastructures routières, l’intégration réelle de la diaspora haïtienne dans la gestion de la chose publique… les grands défis auxquels fait face le pays, ils préfèrent se donner en spectacle. Un spectacle hideux, de mauvais goût!
Entretemps, des hommes d’affaires se trouvent dans l’obligation de fermer les portes de leurs entreprises parce qu’ils ont des difficultés à trouver la quantité nécessaire de devise américaine pour payer leurs commandes. Conséquences, des centaines d’Haïtiens et d’Haïtiennes sont contraints d’intégrer le club des nombreux chômeurs. La dépréciation accélérée de la gourde et la non-disponibilité du dollar sur le marché donnent froid dans le dos.

Une récente étude du Wall Street Journal, réalisée à partir de données de la Banque Mondiale, classe Haïti comme étant le pays le plus pauvre de la planète. 77 pourcents de la population Haïtienne vit dans la pauvreté, selon cette étude. Le pays va tout droit vers un éclatement social qu’on peut encore éviter. Mais qui de nos dirigeants prendra de la hauteur pour empêcher le pays de tomber dans le désordre général? Qui d’entre eux a le courage de dire ? : Halte la !

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