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Le Carnaval; Une thérapie sociale !

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Le Carnaval; Une thérapie sociale ! 28
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Les notions du plaisir et de divertissement ont été au cœur des débats philosophiques depuis l’antiquité dans la mesure où l’être humain est toujours en quête de relaxation. Ce qui explique la nécessité de remonter le temps pour essayer de comprendre la logique qui se cache derrière les deux concepts cités antérieurement. En effet, le plaisir peut être défini de différentes manières : Pour Aristote, le plaisir est ce qui accompagne, ce qui couronne l’action réussie. Pour Épicure, le plaisir c’est l’absence de souffrance. Autrement dit, il faut trouver du plaisir chaque jour y compris dans les choses simples de la vie. Le plaisir se trouve dans la prudence, la mesure, et dans la libération des tensions. Par ailleurs, Blaise Pascal n’a pas inventé le mot ’’divertissement’’, mais il a créé une toute nouvelle façon de s’en servir, qui l’a élevé au rang d’une hypothèse directrice. Pour lui, le divertissement a toujours la forme d’un passe-temps, d’une distraction qui permet d’éloigner ses soucis en pensant à autres choses, en vue de suspendre, pour un petit moment, l’insupportable inquiétude. Ainsi, Pascal eut à dire que ’’l’homme est né pour le plaisir; il le sent, il n’en faut point de preuve’’. D’où, le recours au carnaval qui est la manifestation culturelle la plus appropriée pour se défouler.

Le Carnaval est une période de divertissement pendant laquelle l’ordre établi et la distribution des rôles sont renversés, tous les tabous et les interdits sont suspendus et tous les excès sont permis. Il est aussi le besoin de s’amuser, d’oublier durant un certain temps les soucis de tous les jours. Comme de nombreux événements populaires, le Carnaval doit ses origines à l’antiquité et à l’Eglise catholique. La célébration du Carnaval est traditionnellement marquée par des bals masqués, des défilés de chars dans les rues et des cortèges costumés. Etant une fête universelle, le temps du Carnaval est d’une grande richesse folklorique. A cette occasion, les traditions les plus anciennes et les plus étranges réapparaissent. Parmi les innombrables Carnavals du monde, on peut citer : Le Carnaval de Rio de Janeiro au Brésil qui est non seulement une grande fête mais aussi une tradition que l’on prend très au sérieux. Les danses et les costumes font partie des plus beaux au Monde ; Le plus connu des carnavals français est celui de Nice avec sa célèbre bataille de fleurs ; Le Carnaval de la Nouvelle-Orléans aux USA fait partie des manifestations les plus originales. A cette occasion, les chiens et leurs maîtres se promènent déguisés dans les rues du Quartier Français de la ville ; La Martinique possède l’un des plus beaux carnavals du monde et l’un des plus originaux ; Le carnaval de la Martinique est très populaire. Malgré la présence d’associations et de groupes organisés, tout le monde peut y participer ; Le Carnaval est certainement l’événement culturel le plus important de la République Dominicaine. C’est toute l’expression de l’identité nationale et de ses régions. Ainsi tous les dimanches de février, les participants défilent dans les rues à travers le pays. Qu’en est-il de celui d’Haïti ?

Le Carnaval haïtien remonte au temps de l’époque coloniale. C’était un moment de répit ou les grands planteurs et les colons appréciaient la dramaturge locale de leurs esclaves de talent. En dépit de tout, cette fête est rentrée, comme par enchantement, dans les festivités nationales et le peuple s’égayait dans la débauche populaire. Du 19ème au 21ème siècle, le Carnaval haïtien a subi de profondes transformations découlées de l’instabilité politique, ce fléau historique qui ne cesse de ruiner le tissu social haïtien. Dès la naissance de l’État (1804) jusqu’à aujourd’hui, le pays fait toujours face à des troubles politiques. Ces derniers ont toujours impacté certaines festivités nationales dont le Carnaval. Ce qui représente une menace constante pour la santé de la culture haïtienne. Ainsi, vient le besoin urgent d’une thérapie sociale (Inventée par Charles Rojzman) qui soigne là où la vie sociale et politique influence la vie émotionnelle, dans les blessures individuelles et collectives, terreaux de la peur. Il est vrai que le carnaval ne peut pas nous sauver de cette stagnation politico-économique mais vous conviendrez avec moi qu’il peut mettre de l’huile dans le moteur de la machine de l’industrie touristique. Il est un fait que le Carnaval rapporte beaucoup ailleurs, pourquoi pas chez nous ? Il suffira de s’approprier ce grand événement culturel en mettant de côté les clivages politiques. La diaspora haïtienne, seule, peut faire du Carnaval un événement rentable en dépit de la vulnérabilité du pays en termes de services (Prise en charge sanitaire insuffisante). D’ailleurs, notre culture est un élément qui fait partie du caractère unique et de l’attrait de la destination. Les patrimoines locaux se trouvent parmi les expressions les plus tangibles. Cette fête populaire est la raison primordiale pour encourager une visite à destination d’Haïti.

Pour le Carnaval qui aura lieu du 23-24 et 25 février 2020, on pourra faire la différence. Il s’agira d’en profiter pour favoriser la cohésion du corps social et de mettre en valeur le patrimoine culturel haïtien. Bien entendu, on a conscience de la précarité dans laquelle le gros peuple se noie.Plus de 6 millions d’Haïtiens vivent en-dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2.41 $ par jour, plus de 2.5 millions sont tombés en-dessous du seuil de pauvreté extrême ayant moins de 1.23 $ par jour, des taux d’inflation qui s’élèvent à plus de 20% (Banque Mondiale), nul ne prétendrait occulter cette triste réalité. Mais, si on veut mettre de côté le discours démagogique consistant à faire croire que l’argent disposé à cet effet pourrait relever la population pauvre de sa misère, en quoi la tenue de l’organisation du Carnaval va aggraver la situation ? Bien au contraire, le Carnaval génère des opportunités d’affaires pour les promoteurs, les chanteurs, les auteurs-compositeurs, les chorégraphes, les stylistes et les concepteurs de costumes, les maquilleurs professionnels et les musiciens, pour n’en nommer que quelques-uns. Ce qui est encore plus important, le Carnaval a entraîné la croissance et le développement de micro, petites et moyennes entreprises (PME). Elles offrent des services de divertissements liés à des formes artistiques culturelles, comme la dance, jusqu’à la production d’artisanat local, la cuisine, et les présentations d’art folklorique. Donc, on doit commémorer le Carnaval en Haïti comme une fête de grandes réjouissances à travers les rues de Port au Prince, des quartiers populaires et des villes de province.

Nissan

D’ores et déjà, je souhaite à toutes et à tous un joyeux Carnaval !!!

Par: Jacques Lauture
Sociologue de formation
Tél : 3729-7738/4870-0649
lolo.jacques33gmail.com / [email protected]

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