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Éditorial

Le futur des enfants interpelle les élites Haïtiennes

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Barbancourt
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Le comportement des acteurs face à la crise qui a dégénéré depuis les mouvements des 6 et 7 juillet 2018 ne laisse entrevoir aucune lueur d’espoir pour les générations futures.

La manière dont les élites abordent la crise multidimensionnelle à laquelle est confronté le pays confirme leur manque de leadership et leur incapacité de proposer des solutions viables en vue d’une sortie honorable dans l’intérêt supérieur de la Nation.

Les élites politique, économique, religieuse, intellectuelle et culturelle… qui devraient créer les conditions devant permettre au peuple Haïtien de vivre dans la dignité sont en crise de légitimité et de confiance.

L’élite politique dont la mission est d’organiser le pays afin de garantir les droits sociaux, économiques, politiques et culturels de la population a failli. Aucune infrastructure scolaire, universitaire ni sanitaire adéquate n’a été créée au cours de  ces dernières années pour assurer un paquet minimum de services sociaux de base à la population. De ce fait la majorité de la population est exclue. Elle n’a pas accès à une bonne éducation ni à des soins de santé de qualité.

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Les institutions étatiques n’ont pas réussi pendant des années à créer la stabilité, un environnement permettant à l’élite économique de jouer son rôle dans la société en créant des emplois décents. Certains membres influents du secteur privé des affaires, au contraire ont préféré trouver des ententes secrètes avec l’Etat pour contrôler les principales institutions publiques, génératrices de revenus dans leurs propres intérêts au détriment de la communauté. Ce comportement qui fausse le jeu de la libre concurrence ne facilite pas les investissements nationaux et étrangers, mais engendre plutôt le chômage, la misère, la pauvreté et l’exclusion sociale.

Les élites intellectuelle et culturelle quant à elles se comportent, pour la plupart, comme des opportunistes, elles n’ont pratiquement pas d’opinion concernant la situation délétère qui met en péril l’avenir de nos enfants.

Le secteur religieux ne fait plus autorité. Depuis le fameux accord de El Rancho en mars 2014 l’Eglise Catholique, l’Eglise protestante et le Vodou  à travers Religions Pour la Paix n’ont aucune influence ni sur le peuple ni sur les dirigeants. Le secteur religieux a perdu depuis, beaucoup de sa crédibilité dans l’opinion publique qui ne tend pas à le considérer comme un acteur crédible pouvant prétendre s’imposer comme médiateur dans la crise actuelle. Ce panorama nous renvoie constamment à la situation anormale de l’arbitrage quasi inévitable de la communauté internationale dans la recherche de solution à la crise haïtienne.

Malgré que tous les secteurs d’activités dont l’école, le commerce, les institutions publiques soient paralysées, les élites en général, ne semblent pas appréhender dans toute sa profondeur, la dimension de la crise qui hypothèque l’avenir de la nation notamment celui des enfants. Nos élites politiques, économiques, intellectuelles et autres ne sont pas interpellées outre mesure par la restriction de la circulation d’un département à un autre ; la prolifération des gangs armés qui sont aujourd’hui au nombre de 96 selon la commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion. Les élites ne se soucient même pas du fait que plus de 500 mille armes illégales sont en circulation à travers le pays. Chaque secteur au contraire cherche à tirer son épingle du jeu.

Si l’opposition cherche à renverser par tous les moyens l’équipe au pouvoir accusé entre autres de mauvaise gouvernance, de corruption, le président Jovenel Moise en dépit de son incapacité avérée de mener la barque nationale fait passer le temps pour qu’à partir du mois de janvier  2020, il commence à diriger par décret en constatant la caducité du parlement et en remplaçant par des commissions communales intérimaires les maires élus. Le paradoxe et l’anormal dans tout cela, c’est ce même Président de la République qui a comme prérogatives constitutionnelles de convoquer le peuple en ses comices pour éviter tout vide institutionnel. Jovenel Moise n’a jamais raté l’occasion de rappeler à l’opposition que des élus doivent être remplacés par des élus, mais n’a pris aucune disposition à travers son administration pour permettre à l’institution électorale d’organiser des élections pour renouveler, entre autres, les Chambres législatives. Le Président Jovenel Moise, jouant la carte du temps, s’il lui est favorable, prétend profiter de la mauvaise gouvernance de son administration pour essayer de se refaire une santé politique…

Le Chef de l’Etat, à maintes reprises, a confirmé qu’il a résilié des contrats passés entre l’Etat Haïtien et des compagnies privées de production d’électricité mais n’a proposé aucune alternative. Et de fait depuis plusieurs semaines des villes entières et des quartiers font face à un rationnement sévère du courant électrique.

Le pays vit dans l’incertitude la plus totale, le peuple n’a aucun espoir que les jours qui viennent seront meilleurs. Le pire, « l’élite haïtienne se comporte comme un voyageur en première classe qui ne soucie pas de la présence d’une bombe en classe économique ». Cette insouciance qui ne dit pas son nom se révèle une épée de Damoclès sur la tête du pays. Cette inconscience garantira à terme, un pourrissement de la crise avec une hypothèque certaine sur le lendemain des enfants Haïtiens et menace en même temps, la survie de la nation.

MRP

Barbancourt

John F. Moreau (PDG | juno7) - Jinaud Augustin (ADM, Redacteur en Chef) - Jusner JEAN-PIERRE CPAH, (Economiste) - Lunick Revange (Redacteur) Pierre Emmanuella Tanis (Rédactrice) - Ody Bien-Eugène (Photographe) - Patrick Edouarzin TCHOOKO (Caricaturiste), Chrisnette Saint Georges (Présentatrice) Jean Herntz Antilus (Rédacteur)

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