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Éditorial

Le secteur culturel peut enfin pousser un ouf de soulagement

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Les promoteurs de groupes musicaux, les propriétaires de clubs et les fans qu’ils soient en Haïti ou dans la diaspora craignaient que les troubles politiques et sociaux perturbent les fêtes de fin d’année. En effet, les activités culturelles et les turbulences politiques ne font pas bon ménage!

Depuis les événements des 6,7 et 8 juillet, les organisateurs d’événements culturels, les promoteurs de groupes musicaux ont été réticents à l’idée d’investir dans l’organisation de grands bals mettant en vedette les ténors du rythme de Nemours Jean Baptiste, en l’occurrence le compas. Des événements ont même été annulés au mois de novembre dernier. Mais depuis le début du mois de décembre l’espoir pour une fin d’année réussie sur le plan culturel renaît.

Des affiches annonçant de grands événements culturels pour cette fin d’année à Port-au-Prince et dans les villes de province sont constatées dans les coins de rues, sur les réseaux sociaux comme c’est la tendance chaque année à pareille époque. Les fans de Enposib, Zenglen, Nu Look, T-Vice, Klass, Djakout #1, Tropicana d’Haïti, Harmonik… peuvent commencer déjà à aiguiser leurs dents pour pouvoir être au pas avec les nouveaux pas de ces groupes au rythme du compas de Nemours Jean Baptiste.

Le ministère de la Culture a lancé au début du mois de décembre des méga-concerts au champ de Mars à Port-au-Prince, à Pétion-Ville, Delmas et Carrefour avec la participation de plusieurs groupes musicaux dont Keyol La, Rockfam, Raram entre autres pour permettre aux jeunes des quartiers défavorisés qui n’ont pas la possibilité de se payer un ticket pour assister à un bal, de gouter au plaisir que procurent les fêtes de fin d’année même sans un sou.

En général, les professionnels de la musique, les musiciens qu’ils soient membres d’un groupe ou pas, les propriétaires de studios d’enregistrement, de night club et ces dernières années, les hôtels de renom misent beaucoup sur les fêtes de fin d’année pour compléter leurs prévisions budgétaires de l’année. C’est aussi l’occasion pour les familles qui vivent à l’étranger de rejoindre leurs proches à Port-au-Prince et dans les villes de province pour partager le réveillon de Noel, l’inévitable « Soup Joumou » du 1er janvier et la traditionnelle dinde du 2 janvier. Des compatriotes haïtiens de la diaspora indécis jusqu’au mois de novembre ont confirmé enfin leur billet à destination de leur terre natale, loin de la neige et des violentes manifestations des « Gilets jaunes » en France, ne serait-ce que pour quelques jours. Nous reconnaissons toutefois que des familles appauvries de la classe moyenne n’auront pas la possibilité cette année encore de suivre cette belle tradition. Nous sommes certains que par rapport à la dépréciation continue de la monnaie haïtienne, 78 gourdes pour un dollar, le cœur de la majorité des familles haïtiennes n’est pas à la fête, elles n’ont pas de quoi faire la fête non plus.

Malgré le refus de l’opposition d’accepter la demande de trêve lancée par le chef du gouvernement, Jean Henry Céant en cette période des fêtes de fin d’année, ceux et celles qui en général foulent le macadam semblent comprendre la nécessité d’une pause et du coup se donner la chance, en dépit de leur situation économique et sociale précaire, de jouir à leur manière de ces fêtes, moment de partage, de fraternité, d’amour, de joie et de gaieté. Evidemment une pause! Parce qu’il faudra bien qu’en 2019 les Haïtiens et Haïtiennes continuent de réclamer le procès des responsables de la dilapidation des fonds du #PetroCaribe, de dénoncer la corruption, l’impunité, les dépenses inutiles pour qu’ils puissent enfin manger à leur faim, trouver un logement décent en attendant la mise en œuvre de Urbayiti, un programme du gouvernement supporté financièrement par l’Union Européenne qui propose un Centre-ville de Port-au-Prince qui fait rêver avec une cité administrative moderne et gigantesque, un développement urbain harmonieux et résilient d’Haïti.

MRP

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