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Éditorial

Les programmes d’apaisement social et d’assainissement, un rideau qui cache nos péchés ?

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Le Premier ministre Jean Henry Céant n’a pas fait mieux ni différemment de ses prédécesseurs en réunissant devant le Palais National le 26 novembre dernier une foule de gens, pour la plupart des déshérités, pour lancer en grande pompe un programme de propreté dit d’assainissement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Bien avant le chef du gouvernement, le maire de la commune de Pétion-Ville, Dominique Saint Roc avait lancé du 7 au 9 novembre dernier «  Petyonvil pwòp ». Un programme de propreté qui a couté aux contribuables 1 million 200 mille gourdes si l’on s’en tient aux annonces du premier citoyen de la commune.  On a vu les résultats… Pétion-Ville n’a pas été débarrassée de ses déchets qui jonchent presque toutes les rues, transformées en marché public. Un million jeté par la fenêtre en trois jours. Ce n’est pas grave ! D’autres millions seront décaissés sous peu dans des programmes conjoints entre les mairies de Carrefour et de Pétion-Ville.

Si on remonte le temps, on se rappellera qu’en 2006 le ministère de l’environnement, dans le cadre de l’exécution d’un programme d’apaisement élaboré par le Premier ministre Jacques Edouard Alexis, avait lancé le volet d’assainissement des villes du pays qui consistait à ramasser les ordures à travers les rues, conditionner les déchets solides dans les ménages et créer des unités de compostage pour transformer les déchets en engrais. Que de belles idées ! Un montant de 16 millions de gourdes avait été décaissé pour la réalisation de ce projet. Qui peut aujourd’hui oser parler de résultats ? Nos villes sont extrêmement sales, personne ne gère nos déchets.

Pourquoi à chaque fois, les gouvernements lorsqu’ils pensent vouloir mettre de la nourriture dans les assiettes des familles les plus pauvres des quartiers populaires leur donnent des balais et des pelles ? Est-ce que l’assainissement des villes peut être confié à des gens qui ne souhaitent que subvenir à leurs besoins quotidiens ? Qui contrôle et gère ces programmes d’apaisement/assainissement sans succès qui coutent des millions de gourdes, l’argent des contribuables, au trésor public ? Est-ce que le gouvernement et les mairies ont un plan d’assainissement ? Finalement est-ce que les déchets qui jonchent nos rues, obstruent nos canaux d’évacuation, envahissent nos plages, dérangent nos voisins de la région… ne constituent pas une manne pour les gouvernements et les mairies qui n’arrivent pas à s’entendre pour organiser la toilette des villes, du pays en général?

Si l’assainissement, composé de différentes phases allant de la collecte à l’évacuation des déchets solides  et liquides, en passant par leur traitement, est une démarche qui consiste à améliorer la situation sanitaire globale de l’environnement en supprimant toute cause d’insalubrité. Il doit être par conséquent un vrai programme politique dont l’exécution sera confiée à des connaisseurs, des techniciens.

L’assainissement désigne à l’origine l’ensemble des techniques visant à traiter les eaux usées cependant aujourd’hui, il comprend aussi le traitement des déchets  solides dont la décomposition peut être source de maladies. Les eaux pluviales, les eaux usées domestiques, les excréta et les ordures ménagères sont entre autres les matières concernées par l’assainissement. Au regard de tout cela on est en droit de se demander à quoi jouent nos gouvernements quand ils essayent d’associer un programme d’apaisement social à l’assainissement des villes.

Le gouvernement de Jean Henry Céant a dépensé récemment 36 millions de gourdes dans le cadre du programme d’apaisement social et d’assainissement au profit des habitants des quartiers défavorisés de Port-au-Prince. Plusieurs autres millions de gourdes seront sous peu décaissées sur cette même rubrique puisque le programme va s’étendre à travers tout le pays selon ce qu’a annoncé le secrétaire d’Etat à la communication, Eddy Jackson Alexis. 5 mille emplois ont été créés à Port-au-Prince et ses environs. Quel sont les résultats?  La plupart des familles des quartiers pauvres continuent de déféquer à même le sol ou dans des sachets plastiques noirs, l’image de la Capitale, sale « kou peny tidan » n’a pas changé. Les piles d’immondices jonchent encore les coins de rues de nos différentes villes, créent des embouteillages monstres, on ne sait combien de citoyens, d’enfants sont tombés malades parce que nos déchets solides ne sont pas gérés.

Malgré les échecs répétés de ces programmes, le gouvernement du Premier ministre Jean Henry Céant n’a pas décidé de faire autrement pour obtenir des résultats dans ce domaine. Les mêmes vielles pratiques pour obtenir un apparent apaisement  dans les quartiers chauds mais qui n’apportent rien en matière de propreté et d’assainissement. Il est grand temps que la gestion des déchets et l’assainissement du pays fasse partie d’un programme politique. Les déchets ne doivent plus être un levier politique aux mains de nos dirigeants. Nous en avons assez de  vivre au milieu des saletés !

La misère de la population ne doit pas être un élément d’exploitation entre les mains de nos dirigeants. L’État, doit organiser des structures d’assistance sociale pour atteindre les couches les plus défavorisées qui reçoivent une subvention régulière dans une démarche d’insertion.
Quant à la collecte des ordures, nous devons revisiter les organismes qui en ont la charge, mener des campagnes de sensibilisation pour un changement d’attitudes de la part de la population principale source de production des ordures qui salissent nos rues.

Les marchés, autres usines de production de déchets doivent sortir de nos rues pour entrer dans des espaces dédiés. Mais c’est toute une politique d’investissement qu’il faut encourager en sortant de l’instabilité politique pour que des usines installées dans tout le pays, utilisent cette armée de main-d’oeuvre que sont les marchandes déguisées qui survivent dans l’espace de nos villes envahies, obstruées et enlaidies.

La question de l’assainissement recoupe toute une série de problèmes et de champs que nous avons négligé de prendre en charge et d’en trouver les solutions, sur trop longue durée…
MRP

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