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L’arrivée de forces Kenyanes en Haïti : la boucle sera-t-elle bouclée finalement ?

HOMICIDE, PARRICIDE, INFANTICIDE, FEMINICIDE…

Cette réflexion n’est ni plus ni moins que mon ressenti par rapport à la géopolitique internationale en lien direct avec l’Afrique et Haïti. Ce n’est donc nullement un travail d’expert. Si cela peut alimenter les débats, alors tant mieux !

La boucle sera-t-elle bouclée finalement ?

Il devient courant que la société haitienne se retrouve généralement divisée à l’annonce de l’intervention d’une force militaire, ou multinationale par l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans la perspective de rétablir un climat de sécurité stable en Haïti par la neutralisation des gangs armés. Nous en sommes à notre troisième ou quatrième annonce. Et cette fois-ci,  il incombe au Kenya (pays africain) de prendre les rênes.  Y aura-t-il une cinquième annonce ?

Suivant mes analyses sur la conjoncture politique internationale en rapport avec ces vagues de coup d’état militaire sur le continent Africain, j’ose penser que le Kenya sera dans l’impossibilité d’endosser cette charge. Pour mieux assoir mes idées, je me suis tournée vers un article écrit tantôt quatre mois par  mon collègue et ami Oriol CHARLES. Il s’agit de : Haïtitrépasse : dans ce poker menteur, tournons-nous vers l’Afrique(rezonodwes), paru le 18 mars 2023. Si je pars de ce texte, c’est que l’auteur, à juste titre, avait déjà annoncé que la seule option qui reste aux haïtiens est la carte de l’Afrique en ces termes : il est temps pour les haïtiens de tourner vers les nouvelles puissances émergentes. La communauté internationale doit reconnaitre l’échec de l’occident dans l’effondrement de l’Etat haitien. C’est donc à l’Afrique l’alma mater que l’ONU doit confier la charge de diriger une mission d’assistance ponctuelle et diligente visant d’une part le démantèlement des gangs et d’autre part la remise du pays sur la voie de la bonne gouvernance et du progrès économique et social.

J’adhère à cette option pour  que nous, haïtiens, puissions se tourner vers le Continent-Mère mais avec la seule différence d’écarter l’ONU de notre sillage. Car, tant que l’Occident tire les ficelles, nous ne pourrons jamais sortir de ce labyrinthe putride dans lequel nous nous trouvons actuellement.

Pourquoi le Kenya se trouvera-t-il dans l’impossibilité de fouler le sol haitien ?

Le sommet Russie-Afrique a marqué un tournant décisif pour les africains et c’est à juste titre que certains parlent du «Grand Eveil». Sur 55 chefs d’état africain (Afrique de l’ouest), 49 d’entre eux se sont réunis autour d’une table en Russie soit un pourcentage de 89%. Cela sent très mauvais pour l’Occident. Seulement 6 ou 11% leur sont restés fidèles (pour l’instant) !, dont le Kenya. Or, il existe une vaste dynamique de solidarité où quotidiennement d’autres Etats africains se positionnent contre une intervention au Niger et scandent la possibilité d’entrer en guerre si la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest(CEDEAO) envahisse ce pays sous l’influence occidentale.  Entre temps, l’ambassade française au Niger est brulée et les citoyens français sont tenus de quitter rapidement ce territoire face à l’ultimatum des nouveaux dirigeants. Les exportations d’uranium vers la France et les Etats-Unis sont dorénavant interdites au Burkina Faso et tous les contrats militaires conclus avec la France depuis février 1977 sont annulés par le Niger.

Si cette tendance persiste et s’amplifie, nous allons assister à un revirement inédit où tous les pays ayant pris part au sommet de Russie vont se liguer contre ceux restés attachés aux occidentaux. Deux options peuvent être envisagées :

1. Les six pays restants seront contraints de s’aligner sur la nouvelle tendance d’émancipation totale de l’Afrique face à l’impérialisme ou au néo-colonialisme.
2. Sinon, ils seront considérés comme les maillons faibles par qui l’Occident maintient un pied à terre sur le continent. De ce fait :
Des influences seront créées pour forcer leurs populations à la révolte et évacuer du pouvoir les présidents récalcitrants ;
Ils seront envahis par une coalition d’armée émancipatrice et l’Occident perdra définitivement tout contrôle du Continent-Mère.  

Face à de telles possibilités, le Kenya sera obligé de faire volte-face aux fins de gérer les turbulences inter-régionales. Et nous nous retrouverons, seuls, encore face à nos démons.

Les Etats-Unis vont resserrer encore l’étau autour de notre cou par craintes que cette épidémie africaine ne se transforme en pandémie dans toute la diaspora africaine éparpillée sur toute la planète.

Pour nous, haïtiens, quelle doit être notre attitude ?

Les personnes intelligentes savent tirer de grands profits de certaines opportunités. Or justement, cette opportunité est bien devant nous aujourd’hui avec l’apparition du Mali, du Niger, du Burkina Faso sur l’échiquier mondial. Il faudra que des influenceurs patriotes puissent se brancher sur cette source naissante. Naturellement, certains plaideront qu’ils sont soutenus par la Russie.

A ceux-là, je répondrai que les nations n’ont pas d’amis mais des intérêts. Cependant, ce dicton lié à la diplomatie internationale est en passe d’être dépassé par les événements.

Dans le cas d’Haïti, suivant les archives historiques, la Russie fut le premier et le seul pays a accueilli favorablement la naissance de l’Empire d’Haïti en 1804 et était propice à des échanges commerciaux.  Si les premières annonces d’intervention de forces robustes ou multinationales ont échoué jusqu’ici, c’est grâce aux jeux d’intérêts de la Chine et de la Russie. Cette dernière est restée cohérente face à son passé historique vis-à-vis d’Haïti.

Comme le scandent bien certains panafricanistes dont Kemi SEBA, nous n’avons nullement besoin de nouveaux maîtresmais surtout de bonnes opportunités d’affaires dans une logique gagnant-gagnant. Aux haïtiens de faire valoir leurs propres intérêts et de se lier avec d’autres Etats non pas en fonction de leur dictat ou prétendue aide mais plutôt en fonction de nos passés historiques communs et concordants.

Marie Florance JEAN PIERRE

Anthropologue, juriste, MAP

En savoir plus:

Le taux de référence calculé par la BRH pour ce lundi 7 Août 2023

 

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