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Économie

Taux de change : “le gouvernement doit saisir l’occasion pour dédollariser le commerce”

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Taux de change : "le gouvernement doit saisir l'occasion pour dédollariser le commerce"
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Selon l’économiste Enomy Germain, “le gouvernement doit tout faire pour dédollariser le commerce”.

Port-au-Prince , Haïti .- La gourde reprend chaque jour ses forces. Ce vendredi certaines banques commerciales achetaient le dollar à 98 gourdes contre plus de 120 gourdes il y a deux semaines. L’économiste Enomy Germain a tenté d’expliquer, lors d’une interview exclusive à Juno7, cette appréciation de la gourde et demande, en dépit de la libéralisation du marché, que l’État prenne des mesures pour résoudre le problème de la fixation des prix des produits en dollars.

“Le rythme de l’appréciation de la gourde est difficile à expliquer, mais, tout au moins, je pense que les facteurs explicatifs peuvent se regrouper en deux catégories. La première catégorie est liée à l’injection substantielle par la BRH de 150 millions de dollars dans le système bancaire. Le deuxième facteur peut s’expliquer par un ensemble de signaux qui crée un terrain favorable à la gourde”, a déclaré Enomy Germain.

En effet, l’injection se fera entre le 10 aout et le 30 sepyembre, 8 semaines environ, explique-t-il.
Le marché mobilise 40 millions de dollars en moyenne par semaine. Si les 150 millions sont répartis en quantités égales, on verra que les besoins en dollars du marché seront satisfaits à plus de 45% par la BRH.
Ce qui est quantitativement important. Du coup, le déséquilibre persistant entre l’offre et la demande du dollar disparait un peu.

Plus loin, ajoute-t-il, les stratégies de la BRH dans le cadre de cette injection sont bonnes. Elles sont conçues, d’après le Gouverneur, de manière à permettre que se sont les opérateurs qui ont effectivement avoir besoin du dollar pour le motif d’importation qui soient touchés. Il s’agit particulièrement des importateurs. La pression que ces derniers ont l’habitude d’exercer sur la demande du dollar baisse significativement. Ce qui est susceptible de faire apprécier la gourde.

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Aux dires de l’économiste, le deuxième facteur est lié à un ensemble de signaux : 1. le don de 3,7 milliards de gourdes de l’Union Européenne à Haïti, qui peut participer à réduire le déficit budgétaire, donc le financement monétaire; 2. la décision du Gouvernement de ne plus engagner certaines dépenses après le 4 septembre pour contenir le déficit; 3. les sanctions imposées aux banques commerciales (les banques ne veulent pas être qualifiées de comportements délinquants).

L’impact réel de cette appréciation de la gourde

A la question quand est-ce que les consommateurs vont sentir l’impact de l’appréciation de la gourde sur les prix des biens et services, Enomy Germain croit qu’il est difficile d’avoir une certitude sur la date. “Mais je pense qu’il y a un temps d’attente. Il faut dire aussi que certains vendeurs avaient constitué leurs stocks avant la tendance à la baisse du taux. Il faut un temps d’ajustement, je pense. Les acteurs suivent également avant d’avoir confiance dans ce qui se passe”, a-t-il indiqué.

C’est le moment favorable pour dédollariser le commerce

“Le MCI doit tout faire pour dédollariser le commerce. C’est le moment favorable”,a insisté l’économiste. Puisque la tentative de 2018 avait provoqué l’effet inverse : hausse du taux, le moment semble idéal. “Dans cette tendance baissière, le Ministère doit tout mettre en oeuvre pour résoudre ce problème qui déstabilise le marché”, a-t-il ajouté.

La solution à long terme

Pour la solution à long terme, l’économiste a formulé un ensemble de recommandations en tenant compte de la libéralisation du marché et des monopoles.

“Le marché est libre. Ce n’est pas un marché dirigé. L’État ne peut pas fixer les prix (même si cela se fait pour les produits pétroliers et le transport). Ce sont les mécanismes du marché qui donnent les prix. Mais le problème en Haïti, c’est que les marchés ne sont pas concurrentiels, trop d’oligopoles. Il faut ouvrir l’économie. Il faut enlever les barrières artificielles à l’entrée.”

En savoir plus :

Le ministère des Finances n’autorise que les dépenses essentielles pour le reste de l’année fiscaleS

Barbancourt

Redacteur en chef et administrateur de l'agence de presse en ligne JUNO7, Juriste de formation, spécialiste en management, suivi et évaluation des projets, consultant des affaires publiques.

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