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Opinion

Haïti : Entre développement, gouvernance et corruption, situez votre « PetroCaribe »

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Haïti : Entre développement, gouvernance et corruption, situez votre « PetroCaribe » 30
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Par : Jérôme CLERVAL | 8 octobre 2018

Sit-in, marches, Conférences, pétitions partout sur le territoire national et dans la diaspora haïtienne peut-on constater ces derniers jours. Jeunes, vieux, acteurs politiques, membres de la société civile ne cessent de demander où sont passés les fonds « Petrocaribe » (Kot kob « Petrocaribe » a). Soudainement, quelques événements qui ont suivi l’issue du fameux procès de la consolidation me viennent à l’esprit ; savez-vous que trois condamnés du procès de la consolidation (1903-1904) devinrent présidents de la république ? Craignant que l’histoire ne se répète, il est nécessaire que le peuple haïtien situe son « Petrocaribe » entre développement, gouvernance et corruption.

Ainsi,  il aura une claire et pleine connaissance de toute noblesse que renferment toutes luttes exigeant la transparence, le renforcement les institutions publiques, etc. Il saura aussi quand il exerce de la pression sur les pouvoirs publics, quelque soit le mode d’action utilisé, pour que lumière soit faite sur la gestion des fonds publics, il prépare un avenir meilleur, c’est-à-dire, il pose les jalons  d’une société égalitaire. De cette manière, l’on montre vraiment que l’on est non seulement un peuple intelligent, mais aussi qui a gagné effectivement en maturité.

« PetroCaribe c’est quoi au  » ?

La Réserve banner1

Alliance créée en juin 2005 entre les pays des caraïbes et le Venezuela, le premier exportateur de pétrole brut latino-américain, leur permettant d’acheter le pétrole à ce dernier à des conditions de paiement préférentielles.

Haïti retrouve les 13 pays qui avaient souscrit audit accord lors de sa création, l’Etat haïtien bénéficie depuis en octobre 2007 la facilité de paiement pour l’achat de Gazoline, de Diesel, de Kérosène, de Mazout et d’Asphalte du Venezuela […]

Source : Wilkipédia ;   https://rezonodwes> petrocaribe-haiti

« Parmi les conditions, « les transactions doivent passer par une agence de l’Etat. Dans le cas d’Haïti, c’est Le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aides au Développement (BMPAD) qui achète les produits vénézuéliens et qui les revend aux entreprises privées. Ces dernières ont 30 jours pour acquitter la totalité de leurs factures auprès de la BMPAD.

La BMPAD à 90 jours pour payer 40% de la facture aux vénézuéliens .le solde, soit 60% de la facture, constitue une dette à long terme payable sur 25 ans à un taux de 1%. Avec l’argent accumulé, le BMPAD à l’obligation de créer un fonds développement.

Par obligation contractuel, Haïti comme tous les autres pays s’était engagé à faire de son fonds petrocaribe, un levier de développement qui vise en priorité, la réduction de la pauvreté, il est clairement inscrit dans le Petrocaribe Coopération Agreement que les fonds petrocaribe doivent permettre aux pays membres de financer des coopératives de travailleur, des petites et des moyennes entreprises qui présentent des projets pour atteindre l’autosuffisance alimentaire […] »

Source : PETROCARIBE…un trou sans fond par Frederique Boirsond (Paragraphe 21, 22, 23,24)

Situez votre « Petrocaribe »

Satisfaire les besoin en santé, éducation, habitat, emploi, prévention de l’exclusion, équité, intergénérationnelle, en d’autres termes, permettre à la majorité d’une population d’ un pays donné à satisfaire tous ses besoins vitaux en créant des richesses, en améliorant les conditions de vie matérielles n’est pas possible si les fonctionnaires de la fonction publique, les élus, utilisent leurs pouvoirs à des fins privées comme l’enrichissement personnel ou d’un tiers.

Dans ce cas-là,  l’on comprend facilement, que la corruption et le développement ne se chevauchent pas.

En effet, le développement fait appel à un ensemble de mécanisme de coordination, de pilotage de la société, de l’économie et du politique.

Il requiert un ensemble de mesures techniques obéissant à certains principes d’action pour les acteurs gouvernementaux, notamment : La participation et l’ouverture à la société civile, la réédition des comptes, la redevabilité de sa propre action, la transparence, le système de taxation équitables et efficaces.

Evidemment, ces principes précités renforcés par La gestion efficace des ressources d’un pays, par exemple, l’argent des coopérations (fonds publics), peuvent favoriser le développement, donc indiscutablement c’est de la bonne gouvernance. Cette dernière est effectivement sans conteste un outil clé qui amorce tout processus de  développement.

Contrairement à la bonne gouvernance, la corruption entrave tout processus de développement. Une chose est sure : « La corruption et l’inégalité se nourrissent l’une de l’autre. »  Elle joue un rôle considérable dans l’affaiblissement des institutions étatiques et dans l’instabilité gouvernementale. En deux mots, de quoi parlons-nous vraiment ?

C’est le fait d’avoir accès à des ressources, à une position d’autorité, de pouvoir et que l’on concède des gains privés sans avoir égard à l’intérêt collectif, que sauf circonstance particulière, l’on poursuit à partir de son orientation politique ou autre…

Bien qu’imparfait, mais tout de même utile, l’indice de perception de corruption (IPC) nous permette de mieux comprendre cela (Corruption) :

La corruption touche tous les pays du monde, on dirait que c’est bien malheureusement dans la nature humaine, mais depuis la moitié des années 90, Les pays pauvres ont toujours un taux de perception de la corruption plus élevé. En effet, « Contrairement dans les pays du nord qui font face à une corruption liée à des pots de vins […], il existe dans les pays du sud une corruption centrée sur des enjeux économiques qui se négocie ou se discute au niveau des gouvernements centraux avec des grandes multinationales […] qui font l’objet de contrats très importants. Donc une corruption à haut niveau. »

Rendez-moi fou ou sage, ignorant ou savant, c’est en vain d’espérer un développement issue du hasard pour les pays pauvres, Le développement des pays pauvres comme c’est le cas d’Haïti ne passera pas par la lutte incessante contre les problèmes conjoncturelles en ignorant ceux causés par la structure même. Il ne sera pas non plus possible s’ils se contentent seulement de créer des organes de luttes contre la corruption ; au-delà des lois ou du moins des textes légaux, il est aussi important que ces pays se donnent des moyens  afin d’avoir des systèmes judiciaires apte effectivement à les appliquer contre tous les sujets sans distinction aucune.  Sur la question de transparence, de l’impunité concrète dans ces pays, il y a aussi un travail à faire. En réalité, «À l’instar de la maladie, la corruption nous habitera toujours, cependant nous devons par tous les moyens chercher à réduire cette maladie, de même que cela ne doit pas paralyser nos efforts dans la lutte contre la corruption. »

Il ne faut pas croire qu’un programme de principe de développement pourrait mise en œuvre dans ces pays brusquement, notamment en Haïti. L’on y arrivera seulement par de suite d’actions de longue durée, comme la lutte contre la corruption, comme prévoir des peines de prison, ou financières plus lourde, renforcement des institutions étatiques, etc., c’est ainsi que cela a été possible dans les pays dits développés présentement.

Je termine avec l’extrait de l’allocution de M. José Ugaz, prononcé en 2016 Président de 1Transparency International, cela vous permettra de situer votre « Petrocaribe » plus facilement et d’être conscient de la grandeur que renferme votre revendication (Lumière sur la gestion des fonds « Petrocaribe) :

 « Dans trop de pays du monde, les besoins les plus élémentaires des citoyens ne sont pas satisfaits et ces derniers se couchent tous les soirs ventre vide à cause de la corruption, alors que les puissants, les corrompus jouissent d’un mode de vie somptueux en toute impunité. »

 « Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’attendre, la corruption doit être combattue d’urgence, afin que la vie des gens s’améliore dans le monde entier », ajoute-t-il.

Par : Jérôme CLERVAL, étudiant en Relations Internationales.

Email :[email protected] / +5094736305


 

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