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Séïsme: les victimes doivent trouver un accompagnement psychologique au plus vite

Séïsme: les victimes doivent trouver un accompagnement psychologique au plus vite

Les victimes doivent trouver un accompagnement psychologique au plus vite, selon l’avis des psychologues et psychiatres .

Le Samedi 14 août 2021, la péninsule sud du pays a connu l’enfer, près d’une trentaine de secondes, la terre a tremblé en Haïti à une magnitude de 7.2 entraînant des dégâts dans les départements des Nippes, de la Grand-Anse et du Sud. Le Grand-Sud est à genoux, les dégâts en termes d’infrastructures sont très considérables, plus de 50 mille maisons sont détruites et endommagées.

Ce cataclysme a aussi tué plus de 2 mille 200 personnes et blessé plus de 12 mille autres. Un chiffre beaucoup plus inférieur à celui du 12 janvier 2010 mais n’empêche pas que les blessures vont rester longtemps ouvertes dans la mémoire des rescapés du grand sud. Dans ces départements la vie commence à reprendre pas comme avant mais plutôt sous des tentes.

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Deux semaines après cette tragédie, nous devrons avoir, selon le psychologue Wilcox Toyo, président de la société haïtienne de santé mentale, les premiers secours psychologiques. Une manière de parler aux victimes, de leur laisser s’exprimer afin d’apaiser leurs douleurs.

Après ce premier secours psychologique, vient ensuite la prise en charge des enfants dit Wilcox Toyo, arguant que la santé mentale des centaines de milliers de ces enfants est grandement affectée. « Il faut qu’il y ait des Ludo thérapies pour eux, des espaces devant leur permettre de s’épanouir en toute sécurité ».

Les interventions psychologiques souvent négligées…

Alors que l’aide humanitaire s’achemine vers les sinistrés de cette catastrophe, M Toyo encourage l’Etat haïtien à bien coordonner les dons afin qu’ils puissent toucher réellement les victimes. M. Toyo qui a déjà travaillé dans le sud, à la suite du passage du cyclone Matthew, dit cependant constater le laxisme des autorités étatiques face à la santé mentale de la population du Grand-Sud.

L’unité de santé mentale, au sein du MSSPP devrait mobiliser des associations dans le domaine, estime le psychologue qui affirme qu’une équipe de la société qu’ il dirige est déjà mobilisée pour intervenir dans le grand sud. Des actions que les autorités négligent, en ce moment, déplore-t-il. selon le psychologue Toyo, son équipe va passer au moins six mois dans les départements les plus touchés, ils vont travailler par relais pendant cette période.

Comment gérer psychologiquement cet « Afflux Massif de Victimes» ?

La protection civile a dénombré, dans son dernier rapport, 12 268 blessés dans le séisme. Ce qui veut dire qu’ils ont échappé à la catastrophe, mais, aux dires du Dr. Harrison Ernest, psychiatre et spécialiste en comportement, si ces rescapés ne sont pas résilient(e)s, ils vont faire face au syndrome de stress post-traumatique.
A ce stade, Dr. Ernest croit que l’État haïtien ne devrait pas seulement se contenter de distribuer des aides alimentaires.

Une approche psychologique s’avère nécessaire sur le terrain, a insisté le psychiatre. « Normalement, il fallait un poste médical avancé PMA sur le terrain, composé des techniciens médicaux. Puis un focus groupe avec les blessés légers, accompagnés par des psychologues et des psychiatres », a pris le soin de bien détailler Dr. Ernest.

L’objectif final de cet accompagnement psychologique c’est de permettre à ces personnes de faire le deuil et de recommencer à vivre.
A en croire le Dr. Harrison Ernest, certaines victimes peuvent récupérer quelques jours après, voire même une semaine. D’autres peuvent aller au-delà de deux à 3 mois. Elles font partie des catégories des personnes non-résilientes.

Les conséquences psychologiques du séisme.

Peur, panique, hallucinations visuelles ou auditives, maux de tête récurrents, crise épileptique… sont entre autres les symptômes qui peuvent se développer chez certaines victimes du séisme en cas d’absence d’un accompagnement psychologique. Les spécialistes Wilcox Toyo et Harrison Ernest affirment que des cas de suicides peuvent survenir après le séisme. « Si rien n’est fait, on s’attend à un pourcentage élevé des troubles psychologiques et psychiatriques », selon Toyo et Ernest.

Par contre, le système de santé mentale est défaillant. Il existe seulement deux centres neuropsychiatriques en Haïti. D’après un article scientifique publié en 2016, par les psychologues Jeff M. Cadichon et Daniel Derivois. « Les données de plusieurs études démontrent qu’après le cataclysme du 12 janvier 2010, il existe un taux situé entre 24,6 % et 59,10 % de prévalence de symptômes sévères du trouble de stress post-traumatique en Haïti. » Un chiffre qui tend à augmenter, à la suite du séisme du 14 Août, selon les spécialistes.

Séïsme: les victimes doivent trouver un accompagnement psychologique au plus vite

Jean Samuel Mentor

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