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2018 : année sombre pour les droits humains en Haïti, selon l’AIDH

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La situation des droits humains en Haïti au cours de l’année 2018 a été catastrophique selon un rapport publié par l’Action Internationale pour les Droits Humains (AIDH).

Insécurité, gouvernance, corruption, migration, traite des enfants, justice, sont quelques-unes des thématiques abordées dans ce rapport de 22 pages.

Et selon l’AIDH, ses observations prouvent clairement que la situation des droits humains, conformément aux obligations du droit international des droits de l’homme n’est pas reluisante pour l’année 2018 en Haïti.

Analysant la situation sécuritaire dans le pays, l’AIDH affirme qu’elle est très précaire. Car, dit-elle, les cas d’enlèvement suivis de séquestration contre rançons, de vols, de viols sont monnaie courante. « Le droit à la vie a été strictement banalisé », affirme-t-on dans ce rapport. Et selon l’AIDH, l’impunité dont bénéficient les auteurs d’atteinte aux droits fondamentaux ne peut que favoriser le retour ou la recrudescence de la violence.

Par rapport à la justice, l’AIDH estime que les aspirations du peuple haïtien sont bafouées, car la justice haïtienne n’est pas un service public. Elle affirme aussi que le Pouvoir Judiciaire reste toujours dépendant des autres pouvoirs publics. En témoigne l’influence des parlementaires qui proposent des gens ayant des passés douteux pour être nommés Juges, Commissaires de gouvernement, Greffiers ou Huissiers, entre autres.

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Le CSPJ, selon l’association, ne répond pas à sa mission d’administrer et de contrôler le pouvoir judiciaire tout en veillant à son indépendance. En effet, la mission de certification des magistrats dont est investi le CSPJ semble ne pas constituer une priorité pour cette instance qui n’arrive même pas à asseoir son autorité vis-à-vis de ses membres.

De plus, les juges ne sont pas indépendants dans leurs actions judiciaires, ce qui laisse croire que la Justice haïtienne est utilisée à des fins politiques. « Elle est chère et inaccessible. La justice est très monnayée et vilipendée » révèle-t-on dans ce document.

Concernant la Police nationale d’Haïti, l’association affirme que celle-ci est source de préoccupations pour les organismes de droits humains et que la population ne fait pas confiance à l’Inspection générale de cette institution. Chargée de réguler le comportement des policiers, l’IGPNH est très politisée, elle n’est ni neutre ni objective. Les responsables de l’institution policière n’ont jamais pris leurs distances vis-à-vis des agents qui enfreignent la loi et c’est donc l’impunité totale.

Contrairement aux années 2008, 2009 et 2011, les choses n’ont pas évoluées, car les policiers continuent de fouler au pied les droits et la dignité des citoyens et citoyennes. Pour les années 2017 et 2018, plusieurs citoyens sont victimes d’agression physique de la part de certains policiers et aucune mesure concrète n’a été adoptée par les responsables en vue de remédier à cette situation.

Pour ce qui concerne le Parlement haïtien, le bilan de celui-ci est plus que catastrophique, selon l’Organisme de défense des droits humains. La politique de la chaise vide en serait la principale cause. En ce sens, l’AIDH affirme que la confiance des mandants en ce qui a trait à la mission qu’ils ont confiée aux parlementaires est violée.

Concernant les violences sexuelles sur mineurs, cette pratique est loin d’être bannie dans la société haïtienne. Ce, malgré les efforts consentis par les différentes Organisations des Droits Humains, par la PNH et la modification de nombreux textes de lois pour combattre le viol.

Abordant la situation socio-économique du pays, l’AIDH croit savoir qu’elle a été catastrophique et caractérisée par une pauvreté extrême et la diminution du pouvoir d’achat des citoyens haïtiens. Pour décrire la situation des citoyens haïtiens, l’association parle d’ «enfer sur terre ». C’est ce qui, selon elle, pousse les jeunes à fuir le pays.

Afin de redresser la situation, l’Association fait plusieurs recommandations au pouvoir actuel. Elle encourage de prendre des dispositions en vue de permettre la libre circulation en toute sécurité des personnes sur le territoire, d’épurer la Police Nationale d’Haïti en révoquant tous les agents coupables d’actes répréhensibles, prendre toutes les dispositions administratives pour assainir la justice haïtienne et renouveler les mandats des juges non corrompus, appliquer les engagements pris dans les différents instruments internationaux déjà ratifiés en vue de faire respecter les droits de la minorité, lutter contre la détention préventive prolongée et l’impunité, faire de la lutte contre la corruption l’axe principal du gouvernement, entre autres.

Lait Bongu

John F. Moreau (PDG | juno7) - Jinaud Augustin (ADM, Redacteur en Chef) - Jusner JEAN-PIERRE CPAH, (Economiste) - Lunick Revange (Redacteur) Pierre Emmanuella Tanis (Rédactrice) - Ody Bien-Eugène (Photographe) - Patrick Edouarzin TCHOOKO (Caricaturiste), Chrisnette Saint Georges (Présentatrice) Jean Herntz Antilus (Rédacteur)

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