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Cellule de Vodou Familial et  l’essor de la spiritualité Vodou

Cellule de Vodou Familial et  l’essor de la spiritualité Vodou

Les tenants du système vodou se réjouissent fortement de voir autant de jeunes afficher leur adhésion au vodou sur les réseaux sociaux. De statut de secte dans le code pénal de 1835 à religion officielle au niveau de la constitution de 1987, de grands pas ont été franchis durant ces  dernières années. Parallèlement, jamais dans l’histoire d’Haïti, l’Empereur Jean Jacques DESSALINES ne fut autant glorifié, ce, même au-delà de nos frontières. Un souffle nouveau et un réveil des consciences s’opèrent sous nos yeux.

Cependant, l’analyse de l’évolution du vodou révèle l’absence d’un chaînon manquant mais primordial capable de recevoir, de stabiliser  et de pérenniser  ces nouvelles énergies positives, symboles d’un puissant regain de ce système.  Ce chaînon manquant c’est ce cadre intégrateur  capable de canaliser  tous ces élans vers un intérêt collectif transcendantal afin de sortir le pays une fois pour toute de l’emprise coloniale.

En réalité, l’aspect religieux du vodou est ce que nous connaissons le mieux mais vu comme spiritualité ou mode de vie, l’haitien n’a pas encore atteint cette étape. Elle existe en essence et non totalement dans les faits. La spiritualité vodou est une quête pour laquelle il va falloir livrer un ultime combat. Sinon, ces élans favorables aux vodou finiront par s’affaiblir pour donner libre cours à des dérives certaines.

Ce cadre intégrateur dont il est fait référence ici est la Cellule de Vodou Familial (CVF), totalement inexistant. Par ce concept, il faut comprendre un espace relais pour la diffusion  au quotidien des savoirs et modes de vie vodou au niveau des grands centres urbains y compris l’aire métropolitaine de Port-au-Prince.La CVF aura donc la fonction de neutraliser toutes tentatives  de colonisation mentale quelle que soit sa source. Dans ce micro-univers, à défaut d’avoir une école endogène et adaptée à notre  réalité culturelle,  l’haïtien est récupéré et initié dès sa naissance jusqu’à ces six ans, date de l’initiation aux écoles de portées occidentales. Une CVF exige une conscientisation et une initiation des parents aux principes  fondamentaux Vodou à des fins de transmission aux enfants. Par principes fondamentaux, il faut voir :

  • L’histoire de la lignée familiale aussi lointaine que la mémoire et les archives orales le permettent. Cela aura pour objectif de raviver et de renforcer l’appartenance de la cellule à une lignée ancestrale spécifique ;
  • Un autel ou un espace réservé (kay loa) pour la vénération des ancêtres dont l’empereur Jean Jacques Dessalines et les loa familiaux ;
  • La signification claire du symbolisme de présentation aux quatre façades ou les quatre forces de l’univers ;
  • La signification du principe de «jete dlo» ou libation ;
  • La préparation ou confection des outils rituels (fe mèch, limen lanp) ;
  • La réappropriation du calendrier lunaire pour un alignement sur le monde rural ;
  • La libre manifestation du savoir-être vodou

L’absence de cette cellule de Vodou familial constitue le principal obstacle pour une manifestation naturelle  capable de porter l’haitien vers sa véritable spiritualité, vue comme une harmonisation de l’être avec elle-même et avec tout ce qui l’entoure : la nature, les animaux, les êtres humains… tout ce qui l’entoure comme une expression divine qui s’expérimente à travers tout ce qui vit (Google, 8 janv. 23). Vue sous cet angle, la spiritualité dépasse largement le cadre de la religion considérée comme un ensemble déterminé de croyances et de dogmes définissant le rapport de l’homme avec le sacré (Google, 8 janv. 23)

Il faut aussi rappeler que la constitution impériale de 1805 avait institué des prévisions qui, si elles étaient maintenues, auraient facilité l’instauration et la pérennisation de ces cellules familiales Vodou. Car, aux articles 50, 51 et 52, elle ordonnait respectivement :   la loi n’admet pas de religion dominante, la liberté des cultes est tolérée et l’Etat ne pourvoit à l’entretien d’aucun culte ni ministre.

Avec la signature du concordat de 1860 entre le pape Pie IX et le président Fabre Geffrard, un conflit officiel fut déclaré. Des clauses contraires aux prescrits de la constitution de 1805 furent adoptées et mises en vigueur, notamment :

Article 1er. La religion catholique, apostolique et romaine, qui est la religion de la grande majorité des Haïtiens, sera spécialement protégée, ainsi que ses ministres dans la République d’Haïti et jouira des droits et attributs qui lui sont propres

Article 3. Le gouvernement de la République d’Haïti s’oblige d’accorder et de maintenir aux archevêchés et aux évêchés un traitement annuel convenable sur les fonds du trésor.

Article 12. Dans l’intérêt et l’avantage spirituel du pays, on pourra y instituer des ordres et des établissements religieux approuves par l’Eglise…» Ici, l’église catholique s’assure de régenter la vie urbaine à travers l’éducation des élites et l’imposition de code au sein des familles. Bien que cela tend à disparaitre, il était courant de voir un haïtien effectuer le signe de la croix à chaque fois qu’il passe devant une église.

Comme sus-indiqué, sans cet espace-relais, il y aura toujours une cassure ou un blocage systématique de l’influence des lakou du monde rural vers les centres urbains. Et Pour mieux comprendre le danger dont il est ici question,   prenons en référence le mode de diffusion spatiale du vodou et sa perception à travers le monde urbain et rural.

Cellule de Vodou Familial et  l’essor de la spiritualité Vodou

Le rapport du rural face au vodou

Pendant longtemps, le mode de vie vodou fut très présent en milieu rural au niveau des lakou.  A l’intérieur de cet espace, un ensemble de connaissances, de principes, de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être maintenaient la cohésion au niveau de la famille et de la collectivité. Le milieu rural jouissait d’une stabilité socio-culturelle à travers les codes vwazinaj se fanmi, konbit, sanpwèl, bizango, bitasyon, demanbre  etc.

Avec l’éclatement de ces structures communautaires grâce à la migration ruralo-urbaine, un saignement fut opéré et certains lakou n’ont pas pu résister à ce choc. Intégré en milieu urbain, et face à des adaptations difficiles, les ressortissants adoptent de nouveaux concepts et de nouveaux comportements. A des dates spécifiques (fin d’années, les rois, les fêtes de paques), ils retournent automatiquement en milieu rural. «M pral nan peyi m» pour signifier qu’ils sont de passage à la capitale comme un espace d’exil temporaire.

Et c’est aussi l’époque de renouveler leur appartenance et leur adhésion au vodou. Il faut aller se ressourcer dans l’arrière-pays ou le monde rural, c’est la période des bains rituels et le moment de renouveler «les pwen ak gad».  L’aire métropolitaine de Port-au-Prince ou les grands centres urbains n’offrent pas autant de latitude, étant déjà sous l’emprise de l’église catholique et consort. Cet espace  ne constitue donc nullement une référence à leurs yeux mais plutôt un passage obligé.

Un double sens se dégage de ce tableau. D’abord, malgré la décapitalisation du monde rural, discriminé et exclu, malgré les assauts répétés des cultes catholique et réformé, il maintient sa suprématie vodouesque. Il demeure un espace de ralliement pour ceux obligés de migrer vers la capitale ou à l’extérieur du pays. Même abandonné, Bitasyon yo, demanbre yo, gardent toujours leurs influences sur les lignées éparpillées.

Ensuite, le monde rural demeure le centre d’alimentation, de régénération automatique du vodou. Cependant, cette force ou influence vodou ne peut s’étendre de manière inconditionnelle sur les grands centres urbains. Par voie de conséquence, elle est limitée parce qu’il manque un point de jonction fondamental : la cellule de vodou familial.

Car, cette cellule familiale faciliterait une infiltration ou du moins une passation normale du monde rural au monde urbain sans heurt ni conflit pour le vodouisant.

Le rapport de l’urbain face au vodou

Ceux qui se sont bien implantés dans la capitale ou dans les grands centres urbains des différentes villes de province ont essayé ou du moins essaie tant bien que mal de maintenir leurs attaches vodou. Mais, l’influence du catholicisme et du protestantisme est si pesant qu’elle ne leur laisse donc pas trop de marge de manœuvre si ce n’est un fonctionnement ambivalent (catholique/protestant durant le jour ; vodou / la nuit). Le système vodou ne peut suivre ou contrecarrer  le rythme  imposé par les deux cultes précités. Il est tenu de rester dans l’ombre au niveau urbain. Les statistiques officielles le prouvent bien. Le pourcentage de vodouisants est en nette régression face à la flambée des catholiques et protestants bien que tout le monde soit assuré du contraire.

En milieu urbain, tout un appareillage a été mise place  pour régenter et influencer la vie de l’haïtien par l’obligation de
  • détenir un acte de baptême qui est le premier rite de passage et qui donnera accès aux meilleures infrastructures scolaires, le mariage, les différents actes de l’état civil et autres.
  • fréquenter l’église régulièrement aux fins de forger une nouvelle communauté appelée à servir corps et ame jusqu’à pratiquer l’espionnage et dénoncer ceux qui pratiquent le vodou en cachette ou visiblement.
  • faire la propagande du civilisé chrétien contre le barbare vodou, associé à la pauvreté et au mal.

Dans une telle dynamique, Il ressort que l’haïtien voulant vivre librement sa foi vodou demeure totalement étouffé au niveau urbain. Ceux qui prennent le risque sont obligés de collaborer en jouant le jeu des pèlerinages pour intensifier l’égrégore catholique ou encore de s’affilier à certaines églises catholiques toujours avec le risque de se faire rejeté ou humilié.

Quitte à se demander quel est le statut religieux de l’haïtien évoluant dans les grands centres urbain. Sont-ils des vodouisants pratiquants, des sympathisants vodou ou tout simplement des opportunistes. La majorité d’entre eux semble se comporter en opportuniste. Certains diront qu’ils sont plus des sympathisants vodou. Une autre tendance voterait pour le vocable de  «wangatè».  Ils peuvent être des catholiques mais n’hésiteront pas à payer les services d’un houngan ou manbo pour des activités jugés importantes. Ils ne connaissent pas véritablement les principes et valeurs vodou, à proprement parler.

Tout comme le monde rural, Il manque donc ce chaînon extrêmement important pouvant ouvrir la voie vers une extériorisation complète du vodou au niveau urbain. Il s’agit de la cellule de vodou familial.

Certains prendront le contre-pied de ces assertions en référence aux différents péristyles en exercice çà et là au niveau de la capitale ou des grands centres urbains. Quel est le rôle véritable des péristyles vodou ?

Les péristyles vodou : un complexe sanitaire et religieux

Lorsqu’on analyse le rôle joué par les péristyles dans la vie des adeptes, il est important de préciser que ces structures sont à la fois des centres de traitements de certaines pathologies coutumières au monde vodou mais aussi des centres initiatiques regroupant des fidèles qui se réunissent dans des occasions spécifiques sans possibilités d’interagir sur les problèmes quotidiens de la vie du vodouisant. Par exemple, les péristyles sont très actifs durant certaines périodes de l’année (gede/novembre ; Makaya/décembre ; les rois/Gad Makaya/janvier ; les fêtes de pâques/mars ou avril.

De plus, un péristyle est une unité spatiale très réduite ou le houngan et la manbo officine sans une participation effective des membres aux prises de décisions importantes. Ce qui est différent pour les  lakou qui présentent une configuration spatiale plus étendue (plusieurs unités familiales, un matriarche/patriarche, un kay loa central pour tous les membres, des décisions concertées  et des activités en commun, et une certaine forme de solidarité).

Les péristyles ne sont donc pas de structures de socialisation aptes à assurer  la transmission des connaissances depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Seule une cellule de vodou familiale peut jouer ce rôle. J’attire l’attention ici sur le fait que la majorité des églises catholiques et cultes reformés disposent d’une école (primaire et secondaire) qui leur est attaché comme espace de socialisation, ce qui n’est pas le cas pour les péristyles.

Maurice SIXTO fut celui qui traduisit ce conflit ou blocage du vodou au niveau de l’urbain à travers «La petite veste de galerie de papa».

 «La petite veste de galerie de papa»

C’est l’histoire d’un «mèt avoka» prestigieux  et bien établi au niveau du Bois Verna.  «Pen yo sou kouch, lanmori yo sou griy» pour résumer le train de vie de cette famille d’après SIXTO. Sur les causeries de deux  habitués de la maison sur le vodou, le Mèt, estomake, eu à dire : ah encore cette affaire, il faut finir avec le vodou, mes chers amis. Il faut passer la truelle sur cette affaire. Quand je vois nos pauvres paysans trouver assez d’argent pour donner à manger à leur papa loa et ne pas en trouver pour se faire soigner !!! Cela me fend le cœur, Messieurs !!!!

Quand aura remplacé les hounfò, les péristyles, le badji par des églises, par des chapelles, par des dispensaires, par des écoles, Messieurs, alors seulement…………

Brusquement, une misérable fillette alarmée, effrayée lui coupa la parole en ces termes : Madanm…..men poul la antre anba, l kraze lanp papa danballah wi…Poul frize papa gede a antre, li al jous anba kabann li voye lanp papa danballah, imaj  sen moyiz nan kannal la, imaj sen jera ak papa gede a tout nan luil…kòk la finn anraje anba laaa……….Absalon, anba ap pichkennen m, m pa vle bagay sa yo vinn kenbe mwen.

Une pratiquante vodou (machann kenèp) qui observait la scène de loin eu à produire cette réflexion : mè wiiiii,  Ou pa wè sak rive, loa se boujwa wi koulye a. Se jodi mwen ak bak la sou kokolo  tèt mwen, map monte desann nan lari a, pye m ap boule sou bweton, mwen sèvi loa, fò m jwenn lajan pou m achte luil pou m limen rogatwa,  jous koulye a loa poko fè sa pou mwen. Se bon pou loa, li bayo dodinn pou yo chita pou yo  pale l mal an franse. Se bon pou loa. Jan w tande l pale, si w te gen de vye imaj se pou antre lakay ou al chire li, talè loa sa kouche an travè sou lestomak ou se ti souf li ta kite. Mè wiiii, m ta koute nou. Se yon izinn moun sa yo gen anba lakay yo.  Yo chita sou tchui, pou yap pale bèf mal. Mè wiiiii.. Se bon pou loa.

Ce tableau de Maurice SIXTO peut prêter à de multitudes interprétations mais, il traduit très bien la réalité de nombreuses familles haïtiennes, obligés de refouler leur vraie foi dans l’ombre pour afficher des «attitudes religieuses socialement convenables». Nous sommes tous habitués à ces faits. A défaut de considérer «la petite veste de galerie de papa» comme un fait social plutôt banal, il cache pourtant le secret et la clé de l’épanouissement total de l’être haïtien.

Plusieurs lectures sur la sociologie religieuse haitienne peuvent être tirées ici. Ce tableau présente au fond deux couches sociales : l’urbain et le rural. Le premier (mèt avoka et famille) parait totalement introverti face à leurs attachements vodou et ne peuvent exposer au grand jour leur pratique vodouesque. Cette situation, au fond,  est une source de blocage systématique dans le processus de transmission des valeurs, principes et rituels vodou aux enfants. Combien d’entre nous disposent d’objets vodou (ti bifèt, plat marasa anba kabann, lanp dèyè kabann) bien dissimulés ? Peut-on considérer ce «mèt avoka» et famille comme des vodouisants pratiquants ?

Cette «machann Kenèp», très extravertie, ne cache nullement ses appartenances et pratiques vodou.  Mais, elle déclare sa pauvreté et en profite de la scène pour adresser des reproches aux divinités vodou qu’elle accuse de soutenir des ingrats. Qu’il s’agit du «mèt avoka» ou de cette «machann kenèp», les deux se trouvent dans un dilemme existentiel. Les deux sont totalement pris en otage.

Au final, dans un tel environnement, l’on ne peut parler de spiritualité vodou car toute spiritualité requiert une liberté totale d’expression et de manifestation qui ne peuvent être voilée ou cachée. La spiritualité transparait à travers ses rapports avec la nature et aux autres humains à travers le discours, les gestes symboliques etc. La spiritualité requiert également une autosuffisance et un bien-être minimal sans quoi, l’adepte risque de développer des frustrations. Peut-on être spirituel avec le ventre vide et sans une connaissance minimale de forces régissant l’univers ?

Combien d’entre nous, en milieu urbain,  peuvent donner du café en libation aux ancêtres (défunt et loa) quotidiennement chez eux ? Ces gestes sont réservés pour les lakou en milieu rural diraient certains.

Combien d’entre nous peuvent arriver au bureau et allumer une baleine en l’honneur de la divinité vodou du jour ? Pourtant, il est admis d’exhiber sa bible et de prier aux vues de tous.

Combien d’entre nous peuvent exécuter une salutation aux quatre façades ou aux quatre forces de l’univers ?

«La petite veste de galerie de papa», de mon point de vue, est couramment interprétée comme une forme d’hypocrisie des haïtiens face au vodou. Mais, au fond, il indique l’absence de ce point de jonction, qu’est la cellule de vodou familial, sans quoi la grande majorité des citadins risque de jouer le scénario du «Mèt avoka» indéfiniment.

Il devient obligatoire de penser, aujourd’hui, la création des dites cellules à l’échelle nationale pour  mettre en place le chaînon manquant devant assurant une fluidité et interconnexion  entre le rural et l’urbain pour la transmission des savoirs vodou aux générations futures.

Cellule de Vodou Familial et  l’essor de la spiritualité Vodou

Photo: Ody Bien-Eugène | Juno7

Marie Florance JEAN PIERRE, Anthropologue, Juriste, MAP

En savoir plus:

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