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Martissant: le calvaire de ceux qui traversent régulièrement la route nationale numéro 2

Martissant / Anviwon 44 jou aprè, moun Matisan toujou pa ka rantre lakay yo akoz afrontman gang yo

Martissant: le calvaire de ceux qui, par obligation, traversent régulièrement la route nationale numéro 2

À Portail Léogâne, a régné un climat d’inquiétude et de panique en ce quatrième jour du mois de novembre. Il est 9 PM quand plusieurs centaines de personnes, devant l’impossibilité de pouvoir traverser Martissant, se sont résignés à l’idée de ne pas pouvoir rentrer chez elles. La guerre entre les gangs perdure à Martissant; le 4 novembre, plusieurs personnes sont blessées et plusieurs autres sont mortes dont un chauffeur de bus.

Nous sommes à l’église de Dieu de la rue du Centre où plusieurs dizaines de personnes dont des enfants et des écoliers, avec leurs parents, sont venues passer la nuit, dans les salles de classes, après avoir vainement espéré que dans “leur bonne foi” les bandits allaient observer une pause et faciliter le passage à Martissant devenu, avec l’affrontement constant entre les gangs armés, “la vallée de l’ombre de la mort” depuis le 5 juin 2021.

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Cassandre*, 26 ans, a attendu, en vain, plus de 6 heures à Portail Léogâne avant de demander à passer la nuit à l’église de Dieu de la rue du Centre. Elle habite à Carrefour. Elle est en 3eme année en sciences de l’éducation et contrairement à son jeune frère étudiant en administration qui, lui a fermé son dossier à l’IHECE, tient à boucler, à grand prix, ses études. ” Il était environ midi quand nous sommes montés dans le bus espérant qu’ils observeront une pause et nous laisseront passer. Mais nous avons eu tort, vers les 8 heures chacun a dû chercher un endroit pour passer la nuit. Certains sont restés dans le bus, d’autres se sont rendus soit chez un proche, soit au champ de mars, soit au commissariat de Portail, soit dans des hôtels ou à l’église de Dieu de la rue du centre .”

Natacha*, 39 ans, elle aussi fait partie de ces nombreuses personnes qui malgré vents et marées, affrontent quotidiennement la vallée de l’ombre de la mort, leurs responsabilités professionnelles obligent. “Je suis administratrice et je travaille à Delmas. Tous les jours je dois me rendre au bureau. C’est vraiment dangereux de devoir tout le temps passer à Martissant. Mais que faire quand on est mère de deux enfants et la seule qui apporte à manger à la maison? Tous les jours, je traverse avec l’idée que Dieu me protégera. Je m’en remets à lui. Pas la peine de penser aux autorités car nous n’avons pas.” Ne pouvant pas rentrer chez elle, elle a demandé à une voisine de garder ses deux filles durant la nuit.

“C’est invivable, nous n’en pouvons plus”, pleure Ginette, cette enseignante, accompagnée de sa fille(en uniforme) qui dort sur le banc d’une salle de classe. “Personne ne dit rien, personne ne fait rien. On est les oubliés de la République. Depuis que cette guerres a éclaté, de nombreuses personnes sont mortes, plusieurs autres sont blessées, des familles se désagrègent, qu’est-ce qu’ils attendent de plus pour intervenir ?”

Ce 5 novembre fait exactement cinq mois depuis que la guerre a éclaté à Martissant ayant forcé les habitants de la zone à prendre la fuite sans avoir le temps de prendre avec eux le minimum. Depuis, les gangs restreignent l’acces à l’entrée Sud de la capitale aux citoyens. Plus de trois départements sont bloqués. Ils pillent les passants, les kidnappent, les violent et les tuent. “C’est triste de constater que l’Etat, par sa passivité et son insouciance, a livré toute une population à la merci des bandits qui ne jurent que par la violence. De l’État nous recevons un traitement discriminatoire”, se plaint Ginette qui se rappelle de la rapidité avec laquelle, ils ont freiné le banditisme à Laboule.

Martissant / Anviwon 44 jou aprè, moun Matisan toujou pa ka rantre lakay yo akoz afrontman gang yo

En savoir plus:

Daniel Supplice envoyé comme émissaire en République Dominicaine

Diplômée en sciences juridiques, finissante en Psychologie, commis-comptable. Coordonnatrice de ACIDDUH ( Association des citoyens pour le développement durable en Haïti) . J'aime la nature, la vie et les gens. Je suis encore cette fillette curieuse qui a envie de tout savoir et qui n'a pas peur de prendre des risques. Tout ce que mon esprit peut concevoir et croire, il peut le réaliser.

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